“L’oreille, organe de la peur, n’a pu se développer aussi amplement qu’elle l’a fait que dans la nuit ou la pénombre des forêts et des cavernes obscures, selon le mode de vie de l’âge de la peur, c’est-à-dire du plus long de tous les âges humains qu’il y ait jamais eu : à la lumière, l’oreille est moins nécessaire. D’où le caractère de la musique, art de la nuit et de la pénombre.” Nietzsch.

Jouant tout autant à l’intérieur qu’en marges des codes esthétiques, Félix-Antoine Morin tend à redécrire la composition en termes de facture poétique: une construction artisanale qui dégage sa propre aura imaginaire. Inspiré par les musiques traditionnelles et sacrées, il reprend du rituel le principe de dynamique processuelle. À l’instar des formules incantatoires, les diverses matières sonores -paysages, bruits ou instruments multiples- sont autant d’éléments qui élaborent un dispositif qui vise non pas à déterminer la musique, mais à la convoquer. Une architecture stratifiée, parfois tissée d’états suspendus qui se nourrissent de polarités contraires. Dans le substrat de ses œuvres, les évènements sonores frôlent le mélodique sans jamais s’y abandonner, écrivent une narration qui navigue à l’échelle du micro et du macro, se densifient en des noeuds précaires qui se désagrégent dans l’instant. L’expérience d’écoute aspire à une traversée de paysages, d’images et de croisements poétiques…

Félix-Antoine Morin a étudié les arts visuels à l’UQAM et la composition électroacoustique au Conservatoire de Montréal. Il collabore fréquemment avec des chorégraphes (Serge Bennathan, Thierry Huard, Mélanie Verville, Estelle Clareton, Anne-Claire Cauhapé), des vidéastes (Karl Lemieux, Ben Philippi, Alexis Zeville), des artistes médiatique (Alexander Wilson, Nandita Kumar, Parabolik Guerrilla) et avec d’autres musiciens (Jean-François Laporte, le quatuor Quasar, Alexander Wilson, Nuclear Ramjet, ttttttttttttttttttttt, Maxime Corbeil-Perron). En 2008, il remporte un prix du JTTP et en 2012, il reçoit le prix Joseph S. Stauffer du Conseil des arts du Canada. Ses oeuvres ont été présentées dans plusieurs événements nationaux et internationaux et ses albums sont disponibles sur K o h l e n s t o f f Records.

English //

Playing as much within and as on the fringes of aesthetic codes, Félix-Antoine Morin tends to re-describe the composition in terms of poetic rendition: an artisanal creation that glows with its own imaginary aura. Inspired by traditional and sacred music, he draws from the ritual the principle of processual dynamic. In the manner of incantations, various elements of sound — surroundings, noises or multiple instruments — are all components which elaborate a device designed not to determine the music but to summon it. A stratified architecture, at times woven from suspended states nourished by opposite polarities. In the substratum of his works, the sound events come close to the melodic without ever giving way to it, form a narrative that navigates across the micro and macro scales, densifying in fragile nodes that disintegrate in the moment. The listening experience breathes in a crossing of landscapes, images and poetic blending…

Félix-Antoine Morin studied visual arts at UQAM and electroacoustic composition at the Conservatory of Montreal. He frequently collaborates with choreographers (Serge Bennathan, Thierry Huard, Mélanie Verville, Estelle Clareton, Anne-Claire Cauhapé), videographers (Karl Lemieux, Ben Philippi, Alexis Zeville) and with other musicians (Jean-François Laporte, the Quasar quartet, Alexander Wilson, Nuclear Ramjet, ttttttttttttttttttttt). In 2008, he won a JTTP award and in 2012, he received the Joseph S. Stauffer award from the Canada Council for the Arts. His works have been featured in several national and international events and his albums are available on K o h l e n s t o f f Records.

Varanasi, India

 

 

 

 

 

 

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