“ … the way Morin created his composition is something of a delight. There is a great flow between the three elements, slowly shifting back and forth between one or the other, an effective use of volume control is in place and via quick editing the sound can change radically in a split second, bringing out an excellent abstract narrative. Record of the week, should we do that sort of thing. “
Frans de Waard, Vital Weekly
http://www.vitalweekly.net/1119.html

“ Le jeu des miroirs de Kali est sans contredit l’album le plus particulier que nous avons traité jusqu’à présent sur le site, il se positionne à mi-chemin entre la bande sonore et l’expérimentation auditive. Préparez-vous pour un périple musical extrêmement imagé qui saura jongler avec votre perception des sons et des cultures.”
William Paulhus, Mes enceintes font défaut
http://www.mesenceintesfontdefaut.com/2018/02/19/sl019-felix-antoine-morin-le-jeu-des-miroirs-de-kali/

“… Au final, « Le jeu des miroirs de Kali » est un album audacieux, mature et réussi. Si le compositeur Félix-Antoine Morin n’avait qu’un seul opus à composer de sa vie, il peut à présent dormir en paix.”
Pierre-Luc Senécal, journal VOIR, 22 mars 2018, Montréal
https://voir.ca/pierre-luc-senecal/2018/03/22/felix-antoine-morin-une-perle-rare/

 

Le jeu des miroirs de Kali (2018)

[KOHL038]

Il y a le feu de crémation. Je regarde les chiens se battre pour un bout de bras ou de jambe. Juste en avant les pèlerins avancent par centaines sur les ghâts pour plonger dans cette eau opaque. J’avance avec les autres dans ce liquide sacré du Gange et mes pieds glissent sur la pierre visqueuse. J’essaie de ne pas perdre l’équilibre d’un bras, de l’autre je tiens un micro qui enregistre la prière des dévots. Certains ont fait le voyage depuis le sud pour se rendre jusqu’ici. Souvent à pied et comme clandestins dans des trains, avec comme seul bagage un vieux chiffon. Leur dévotion est totale. Partout des haut-parleurs donnent des ordres. Un mendiant fou mange son dahl sur le plancher au milieu d’un temple. Il parle tout seul et je l’enregistre discrètement. Je ne comprends rien à ce qu’il me dit, mais j’adore sa voix basse et granuleuse. L’autre nuit je me suis perdu dans les petites rues sans lumières de Benares. Je m’assois ici, juste à côté de cette silhouette qui dort sur le bord. Elle me protège des meutes de chiens errants qui se disputent les territoires. La nuit appartient aux chiens. Chaque jour je fais des rêves très marquants. Cette ville me fait halluciner.

Quelques mois d’errance en Inde du Nord à me laisser porter au fil des sons et des ambiances dans lesquelles m’ont plongé les villes dites sacrées comme Haridwar, Pushkar ou encore Benares (Varanasi). La ferveur religieuse de la population, au quotidien, était palpable. Un heureux hasard du calendrier m’a permis de me retrouver sur place au moment du Kumbh Mela, rassemblement religieux organisé tous les douze ans. Cent millions de dévots, déversés par des trains, s’agglutinent sur les rives du Gange. La ferveur religieuse y devient une fièvre collective, démesurée et extrême.

Mon voyage s’est poursuivi dans le désert du Thar à la frontière entre l’Inde et le Pakistan. « Des haut-parleurs se font la guerre entre Allah et Shiva ». Il m’est interdit d’aller au Pakistan alors je pars pour Varanasi qui est considérée comme l’une des cités les plus anciennement habitées du monde. Surnommée « Ville de la mort », l’endroit ne laisse pas indemne. À la vue de tous, les corps y sont brûlés par centaines. Les cérémonies de crémation rythment les journées. Odeurs et sons de la mort, étrangement, font ici partie de la vie.

De retour à Montréal, je me replonge dans les enregistrements sonores comme un carnet de voyage. J’écoute et je laisse revenir l’expérience de ces scènes passées. L’écriture musicale nait par elle-même, je n’ai qu’à laisser les sons enregistrés exister pour qu’ils me suggèrent d’eux-mêmes leur développement musical. La trace des expériences intensifiées du sacré que l’Inde m’a inspiré est tellement forte que j’ai le sentiment d’être au service d’une œuvre qui ne m’appartient pas complètement.

Composé entre 2013 et 2017
Mastering : Stéphane Claude (OBORO)

En version digitale ou CD (édition limitées 200 copies) ici:
http://kohlenstoff.ca/album/le-jeu-des-mirroirs-de-kali

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Coextensive Ubiquity (sound & media art)
Towards ubiquitous listening in real time
The central idea of the project is to move people through a geographic space – a virtual displacement by way of sound transmission in real-time using IP codec technology. Installed in selected sites, several outposts serve to capture their respective soundscapes, which are to be networked in real-time to a concert hall, gallery or museum. Each signal is associated with a specific track on a central console, and then mixed and processed to create a live immersive sound-work. The process of listening in real-time is treated and “performed” as a permutable and replicable experience, bringing about explorations of sound spatialization and of sonic environments that transcend the artificial limits of reconstitution. The musical approach of the piece is grounded on the interplay of the timbral, harmonic and rhythmic characteristics of incoming field transmissions. A sometimes minimalist tone, with its attention to the notion of sound’s inner-space, plays a significant role.

Coextensive Ubiquity - Félix-Antoine Morin - Chili

 

FR //

Coextensive Ubiquity (art sonore et médiatique)
Vers une écoute ubiquitaire en temps réel
L’idée centrale du projet est de transporter les gens à travers un lieu géographique ou architectural – par un déplacement virtuel – grâce à un dispositif de transmission du son en simultané, technologie habituellement utilisée par les chaînes de radio. Installés à différents endroits dans un lieu, plusieurs postes audio servent à la captation de paysages sonores qui sont retransmis en temps réel dans une salle de concert, galerie ou musée. Chacun des signaux est associé à une piste spécifique d’une console centrale, ces mêmes signaux sont ensuite manipulés et transformés en direct pour créer une œuvre sonore immersive. Le procédé d’écoute en temps réel est exportable et transposable dans divers contextes, afin d’explorer les notions de spatialisation du son et d’environnement sonore et ce, hors des limites artificielles de reconstitution. L’approche instrumentale de la pièce est basée sur l’échange des complexités timbrales, harmoniques et rythmiques des paysages sonores arrivants. Une approche parfois minimaliste, où la notion d’espace intérieur du son joue un rôle central.

Español //

Coextensive Ubiquity (sonido y arte multimedia)
Hacia la escucha ubicua en tiempo real
Coextensive Ubiquity es una escucha en tiempo real de 12 lugares alrededor de Tornamesa Barón. Un sistema de estaciones de sonido que permitirá la captura y luego la escucha inmediata de diferentes paisajes sonoros que existen en lugares distantes. En concierto, las grabaciones son instintivamente manipuladas.

PRESENTATIONS:
– 2017 December 8th @ 7pm, presentation and concert, the installation Coextensive UbiquityTsonami Fest, Centro de Escalada, Tornamesa Barón, Valparaiso, Chile
– 2018, du 22 au 25 janvier, résidence de création pour le projet Coextensive Ubiquity (installation in situ), salle multimedia du CMM, 4750 Avenue Henri Julien, Montréal, Canada FB event

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Political Ritual

New album

 

GET THE VINYL HERE :::::: actuellecd.com/en/cat/am_238/

Political Ritual - Félix-Antoine Morin - Maxime Corbeil-Perron

Le dernier album de Political Ritual est une expérience particulière. Créée dans une période faite de deuil, d’abus de substances, d’inquiétudes géopolitiques, d’amour à distance et de rituels amicaux, en vrai le seul dénominateur réel sur cet album. Une nouvelle lutherie aussi, faite de touches de claviers difformes et d’effets vaporeux. À certains moments, l’un défoule sa rythmique par besoin: sur la peau d’un violoncelle craqué, ou d’un orgue brisé. À d’autres, sont improvisées des lignes modales sur un harmonium de mariage acheté à un vieil affamé d’un village Indien. Enfin, les échos le sont au sens littéral; car cet album est aussi un rêve travaillé sur une période déjà un peu effacée, gravée à l’arraché, parfois d’un automatisme instinctif galvanisé par les impératifs du plastique.

Voici deux pièces de quelque 20 minutes, composées à partir de rituels sonores improvisés lors d’une première phase, et sculptés par la suite par la magie d’une certaine polarisation matricielle. Si vous cherchez un sens, lisez Nietzsche ou Cioran, mais ne cherchez pas de revendications ici. La seule cause qui importe est celle de mettre le volume à fond, d’embarquer dans le rituel que nous proposons et avons concocté en pensant à vous, mais surtout à nous. Le plastique et le pétrole devant vous, le diamant qui s’use, et peut-être un peu d’absolu aussi…

EN //

The latest Political Ritual album is quite a peculiar experience born out of mourning, substance abuse, geopolitical concerns, long-distance relationships and friendly rituals — actually the album’s only real common denominator, along with a new set-up comprising deformed keyboard keys and hazy effects. Sometimes the need to let go of one’s rhythmic needs arises — at the expense of a cracked cello or a broken organ. Sometimes a wedding harmonium bought from an old, hungry man in an Indian village improvises modal lines. In the end, all echoes are real because this record is also a dream from a hastily recorded and already fading away era — at times drenched in the instinctive automatism galvanized by the requirements of plastic.

Here are two twenty minute-long pieces: improvised sound rituals successively sculpted by the magic of matrix polarization. If you are looking for meaning, read Nietzsche or Cioran, but do not expect any claim from us. The only thing that matters is to crank up the volume and join the ritual we have concocted thinking of you, and especially of us. The plastic and the oil are in front of you, the stylus is wearing out, as it is, perhaps, a little bit of absolute.

released January 23, 2018 

Félix-Antoine Morin - Political ritual - Mutek 2016

Somewhere between cosmic minimal techno and abstract sound art, Political Ritual’s high toned oscillations, unpredictable frequency manipulation and dark drones form a hypnotic mantra – though their benedictions don’t last long, breaking in a cathartic crescendo or a cacophony of percussion that resolves in silence. Pushing the boundaries of abstraction, these expert improvisors in analog modular and digital synthesis incorporate invented wind instruments, traditional Balinese percussion, field recordings and digital signal processing into their compositions, intent on shaping a transcendent listening experience.

Political Ritual build their music in architectural and woven layers of harmony and polarity, arranging ethereal drone next to hard edged buzz or cinematic movements alongside pummelling beats. With live performance as their backdrop, Félix-Antoine Morin and Maxime Corbeil-Perron took to the studio in 2014 for their first album. Corbeil-Perron is a multidisciplinary artist who has created film and video work and interactive installations shown at international events and festivals, as well as making electroacoustic and mixed-media music as Le Pélican Noir and solo – he also started a PhD at the Université de Montréal in fall 2015. A visual artist as well as an electroacoustic composer, Morin works solo and collaborates with contemporary choreographers, videographers and several other musicians, finding inspiration for his poetic creations in the processual components of traditional and sacred music.

Political Ritual has played arresting audiovisual shows at several underground venues in Montréal and at last year’s Suoni Per Il Popolo music festival, where complex, far out experiments in sound and vision are not only welcome but expected. After recently recording a followup full length for release in mid-2016, Political Ritual stages a powerful new live performance in MUTEK’s enveloping BWR space.

Félix-Antoine Morin et Maxime Corbeil-Perron proposent une musique mêlant synthèse, accordéon et batterie de vaisselles captée en direct. Installés sur une table de fortune, les deux construisent au fil des minutes une sorte de puissant mantra en crescendo. Confortablement enfoncé dans un divan, je ferme les yeux et renverse ma tête vers l’arrière, comme si je baignais dans le bruit, les tintements métalliques et les drones de basses fréquences. Puis, le son s’amenuise. Decrescendo rapide. Les haut-parleurs se taisent. Silence.
2 mai 2014, Cette ville Étrange. (retour sur la toute première performance)

http://kohlenstoffrecords.com/artists/political-ritual/

https://www.facebook.com/politicalritual/

 

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Cartilages vrombissants / Installation sonore pour Les Inaudibles

La musique des moines Tibétains (Bön, prononcer beun) par exemple puise du silence une partie de son inspiration. Pendant la méditation qui peut durer des heures, la qualité auditive des moines s’aiguise jusqu’à s’ouvrir à tous les des sons ambiants habituellement difficiles à percevoir, comme les bruits internes de leur propre corps (cartilages, organes, respirs, afflux sanguin). Leur musique traditionnelle sacrée est une exemplification de cette expérience sonore intime générée par la méditation.

Inspiré par cette expérience de l’accès au sonore que contient le silence, j’ai décidé d’utiliser des appareils d’enregistrement pour aller “lire à la loupe” les supposés silences d’espaces abandonnés. J’ai donc fait la capture sonore (et utilisé certaines de mes archives) de lieux qui semblent a priori silencieux, tels que gymnase, musée (NY), studio de boxe, temples (Inde), tunnels (Wellington), cages d’escalier, désert du Thar (Inde-Pakistan), couloirs, stationnements intérieurs et autre lieux “vides”. Captés par des appareils d’enregistrements puissant, les silences, plusieurs fois amplifiés, se sont révélés riches et complexes.

Présentée dans cet endroit lui aussi abandonné et vide – un ancien salon de message érotique – cet installation vient ré-exposer les détails des silences de ces enregistrements. Pour chacune des pièces de l’espace, un environnement sonore particulier. Cependant, selon la position où l’on se trouve, ces différents environnements s’entre-croisent également et se contaminent les uns les autres dans un jeu psychoacoustique. En référence au principe des “room tones” en cinéma qui consiste à ajouter un espace sonore de fonds pour qu’une scène ne soit pas totalement silencieuse,  cet installation comble le silence de cet espace abandonné en y exposant les “silences révélés” des autres lieux vides que j’ai enregistrés.

Commissaire : Eric Mattson

Co-concepteur : Kaspar’89

Les 20-21-22 mai 2016 de 17h à 21h, 6827 rue St-Hubert, Mtl

Le Devoir Les voix du silence
20 mai 2016 | Jérôme Delgado |
“Bruits inaudibles, sons industriels, chants du désert: des musiques inédites tirées d’enregistrements de terrain résonneront ce week-end” LIRE
http://www.ledevoir.com/plaisirs/loisirs/471378/les-voix-du-silence

india Félix-Antoine Morin Devoir

 

 

 

 

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Carrousel (20 mins)

table_de_babelCommissioned piece (including media and score) for the Table of Babel. Invented instrument produced by the instrumentarium at Productions Totem Contemporain. Studio Residency at HELLERAU – European Center for the Arts Dresden- Germany,  from october 15th to december 15th 2015. World premiere will be held on 4 June, 2016 at the Les Totems Électriques VIII concert in Montreal.

Commande de composition pour table de Babel, bande et traitement numérique. La composition de cette pièce a débuté par une résidence de création au Festspielhaus Hellerau de Dresde en Allemagne à l’automne dernier. Malgré un travail étalé sur plusieurs mois de l’oeuvre de 20 minutes, Carrousel est une pièce toute simple pour laquelle j’ai fais le pari de travailler avec la tonalité et le rythme, une approche plutôt risquée avec l’instrumentarium de Totem Contemporain. Chose un peu dangereuse aussi est la portion bande qui est constituée de pistes enregistrées l’une après l’autre en temps réel. La plupart du temps, j’ai essayé de conserver la première prise, d’où le côté un peu “fragile” mais à mon sens plus “sincère” de la portion Bande. Au fond, cette pièce pourrait très bien être joué par un ensemble instrumental (Gamelans, percussions, violoncelle, contrebasse, guitare et bruiteur) avec comme soliste l’interprète à la Table de Babel. Le titre Carrousel vient de l’imaginaire visuel un peu nostalgique qui s’est formé dans ma tête lors de son écriture. C’est un peu comme un gros Carrousel qui change de vitesse et tombe en ralenti à certains moments. Le vidéo clip existe déjà dans ma tête, reste plus qu’à le filmer en 8mm…

 

– 2016, 4 juin 16h30, Les Totems Électriques VIII, salle multimedia du CMM, 4750 Avenue Henri Julien, Montréal

 

 

 

 

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Stichomythie

Mobile sonore constitué de deux ventilateurs industriels, ainsi que de plusieurs microphones placés devant chacun d’eux. Ceux-ci sont provoquées par le vent puissant soufflé par les deux machines. Une stichomythie symbolique, visuelle et sonore.

 

 

Du 15  au 21 mai 2017, Festival de musique actuelle de Victoriaville

 

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